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Saturday, 15 August 2009

Il militare

Da dove vieni? Dove lavori? Cosa fai? Da M., in rue L., scrivo. Benvenuto nell'intermondo. Networking ti hanno detto, allora andiamoci alle feste, cazzo di feste. Lo scenario ha tutti i crismi, c’e la musica e c’è la vodka e c’è la gente, trova l’errore. Siamo tutti l’errore perché siamo tutti vetrina, queste le regole del gioco. Chiedimi pure, ti sputerò il curriculum, tu lo misuri, e collezioni surrogati di persona ma io biondina del tuo piano carriera me ne sbatto i coglioni, io le biondine barbourizzate che a questi insegnamogli la pastasciutta io le fuggo. Mi faccio una ciotola di spaghetti falsi qui e ora se mi prometti il tuo disprezzo. Invece sorrido, scambio numeri, networking ti hanno detto, saluto, e i miei pensieri umidi la meta la conoscono. Qui sputo l’animale, sono vetrina del mio corpo, umiliante surrogato di me stesso, ma cazzo sono le regole del gioco e mi vanno benissimo. Il ragazzo arriva subito, mi misura, lo misuro, sportivo e ben tagliato. Non sono pratico, mi dice, mi ci hanno mandato perché è l’ultimo giorno in caserma. I militari sono sempre pratici. Come ti chiami? Dove lavori? Cosa fai? Mento, mento, mento. Benvenuto nel parco.


T’es ici depuis combien? Où est-ce que tu travailles? Qu’est-ce que tu fais ? Je réponds, je réponds, je réponds. Bienvenu à l'intermonde. Networking on t’a dit, et alors allons-y aux fêtes, putain de fêtes. La déco est sans faute, la musique elle est là et la vodka aussi et les gens aussi, cherchez l’erreur. L’erreur c’est nous tous car nous sommes tous une vitrine, c’est la règle du jeu. Demande-le moi et je te cracherai mon cévé, toi tu le mesure, et tu collectionnes l’ersatz de la personne, mais moi ma blondasse de ton plan carrière je m’en fous, moi les blondasses sur Barbour je t’apprends les vraies pâtes moi je les fuis. Je me tape un bol de faux bolo là sur place si j’y gagne ton mépris. Mais je finis par sourire, échanger les numéros, networking on t’a dit, je dis au revoir, et mes pensées humides connaissent la destination. Là je crache l’animal, je suis la vitrine à mon corps, mon ersatz humiliant, mais putain c’est la règle du jeu et ça me convient très bien. Le gars arrive toute de suite, il me mesure, je le mesure, il est sportif et bien taillé. Ch’suis pas expert, il dit, on m’y a envoyé car c’est le dernier jour en caserne. Les militaires sont toujours experts. Comment tu t’appelles ? Où est-ce que tu travailles ? Qu’est-ce que tu fais ? Je mens, je mens, je mens. Bienvenu au parc.

Friday, 14 August 2009

Il muratore

2004, quanti pasti quanti voli quanti incontri posso ricordare? Posso ricordare una discesa al sentiero di sinistra, vivaio più rado, si esplora per completezza. Dove la curva risolve la pendenza e comincia la rassegna del caporalato, la manodopera vivace si offre sui tronchi, quella zelante si appoggia alla parete. Lui è il primo al muro e mi getta un sorriso furbo, potrebbe essere scherno, mentre lo metto a fuoco. Scarpe da ginnastica, pantaloni della tuta in acetato con le bande laterali, maglietta bianca, barba incolta di tre giorni, capello nero spettinato. Sorride furbo. Ancora adesso il ricordo della sua virilità affrescata mi fa sbocciare i pantaloni. Sul momento temo mi rifiuterà, o cercherà subordine senza compromesso, come gli slavi bastardi che ti scopano in faccia perché sono maschi e i maschi fischiano alle tette dall’impalcatura, mica vanno nei parchi la notte, dobre poute oubre la bouche, crepa dalla tua impalcatura bastardo. Lui al contrario schiude le labbra morbide e ci lecchiamo il sorriso. Schiude la cerniera sul fisico asciutto e il pelo da competizione. Avrei voluto chiedergli sei italiano sei francese sei muratore sei marinaio chi sei. Invece mi allontanai col suo sorriso addosso.



2004, de combien de repas combien de vols combien de rencontres est-ce que je peux me souvenir ? Je peux me souvenir d’une descente par le chemin de gauche, vivier moins touffu, que l’on explore en chasse exhaustive. Là où le tournant résout la pente et la revue des troupes commence, la main d’œuvre exubérante s’offre contre les arbres tandis que les zélés s’étalent contre le mur. Lui c’est le premier au mur et il me balance un sourire malin, ça pourrait être railleur, pendant que je le focalise. Baskets, bas du jogging en acrylique, les bandes sur les côtés, t-shirt blanche, barbe qui pousse depuis trois jours. Il sourit malin. Encore maintenant mes pantalons s’épanouissent au souvenir de sa virilité à fresque. Sur le moment je crains qu’il me refuse, ou qu’il cherche la soumission sans compromis, comme ces salauds de polonais qui te baisent dans la bouche car ce sont des mecs et les mecs eux ils sifflent aux nénés depuis l’échafaudage, ils vont pas au parc la nuit, dobre poute oubre la bouche, crève par ton échafaudage salaud. Lui au contraire il ouvre ses lèvres tendres et nous nous léchons le sourire. Il ouvre le zip sur son corps sec et le poil impeccable. J’aurais voulu lui demander tu es italien tu es français tu es maçon tu es marin qui es tu. Mais je suis juste parti avec son sourire sur moi.



Sunday, 9 August 2009

La larva


Ventuno, ventidue anni massimo, cappellino, magro. Preferisco la sicurezza del corpo maturo ma il ragazzo ha un bel disegno di viso, perlomeno in penombra. Non fa cenni, automa si inginocchia e slaccia e si connette. Io tento di offrirgli scampoli di passione, almeno l’abbozzo della dignità di un rapporto. Io non ho capito. La sua bocca meccanica, ho freddo nella schiena quando cerco i suoi occhi. Non ha occhi il ragazzo, ha due membrane opalescenti, io lo sento il suo grido fetale mentre lo nutro del mio seme.

Vingt et un, vingt deux max, casquette, mince. Je préfère l’assurance du corps mûr mais le gars a un bon dessin de visage, au moins dans la pénombre. Pas de signes, automate il s’agenouille et il déboucle et il se connecte. Moi j’essaye de lui offrir des petits bouts de passion, au moins l’esquisse de la dignité d’un rapport. Moi je n’ai pas compris. Sa bouche mécanique, j’ai froids dans le dos quand je cherche ses yeux. Pas d’yeux le gars, il a deux membranes opalescentes, moi le l’entends son cri fœtal pendant que je le nourris avec mon sperme.

Friday, 7 August 2009

La prima volta



La prima volta è stata nel 2003, durante l’estate più calda. Con un arabo, uno a caso. Avevo passato la serata con Jérôme alla Next, arrivati tardissimo come al solito, carichi di alcool sorrisi e il mondo nelle nostre gambe. Jérôme perlustra, credo con successo, lui non passa mai inosservato, io che faccio ballo. Ma non come le altre mille volte prima, stasera elettrico, il mio corpo preme, sta per succedere che deve succedere, io ballo ma il moto è diffuso, cos’è quest’ansia, le dimensioni scorrono, moto della terra, le placche non possono che provocare il sisma. Impercettibile moto di un giorno che si accumula all’impercettibile moto del giorno prima, ventisei anni accumulati giorno su giorno, l’immane serbatoio dei giorni che premono. Quel biondo, cristo quando si dice un biondo, il petto che tira i bottoni della camicia, che cazzo ci sarà venuto a fare qui in camicia, balla sempre meno con l’amica e sempre più a distanza di olfatto. La prima faglia. Arriva, inesorabile, lo riconosco come si fa riconoscere il presente anticipato di un fotogramma. Il mio collo accoglie la sua mano, la sua lingua bionda è sulla mia lingua mora, le mie dita sono sui suoi capezzoli, le sue dita sono sui miei. Interruttori, l’erezione si innesca e il corpo, il corpo preme. Sliding walls, scivola il biondo, Jérôme non c’era e adesso c’è con una birra in mano, l’ultima. Ci sentiamo, ok ci sentiamo, buon rientro, ma le placche non rientrano no si sfracellano, io ho un’erezione che mi possiede e un paio di gambe che si dirigono al parco. Ca marche comment ici, guardami per dio non vedi che sono perso, sono trascinato, qui non si va indietro, anche se tu cerchi altro e io incrino il codice del silenzio, tu una parola spendila. C’est un endroit de drague monsieur, vous voyez pas? No che non vedo più nulla, sono già oltre e mi butto, il primo che capita, l’arabo. Non bello, per niente, una prova microfono al posto di una canzone. Merda, mi resterà per sempre in un angolo del cervello, la sua faccia di tapiro, il suo odore di tabacco e dopobarba. La placca si è infranta.


La première fois ça a été en 2003, c’était la canicule. Avec un arabe, le premier au hasard. J’avais passé la soirée avec Jérôme à la Next, nous arrivés supertard comme d’hab, chargés d’alcool sourires et le monde dans nos jambes. Jérôme lui il arpente, avec succès j’imagine, il ne passe jamais inaperçu lui, moi qu’est-ce que je fais, je danse. Mais pas comme les milles autres fois, ce soir électrique, mon corps presse, ça va arriver que ça doit arriver, moi je danse mais le mouvement est diffus, c’est quoi cette inquiétude, les dimensions glissent, mouvement de la terre, les plaques ne peuvent que provoquer le séisme. Imperceptible le mouvement d’un jour qui s’accumule à l’imperceptible mouvement du jour avant, vingt-six ans accumulés jour après jours, le réservoir démesuré des jours qui font pression. Ce blond-là, putain ça c’est un blond, la poitrine lui tire les boutons de la chemise, mais qu’est-ce qu’il est venu foutre ici avec une chemise, il danse toujours moins avec sa copine et toujours plus au bout de mon odorat. La première faille. Inexorable, je le sens comme on peut pressentir le présent à un photogramme près. Mon cou accueillit sa main, sa langue blonde est sur ma langue brune, mes doigts sur ses tétons, ses doigts sur les miens. Des interrupteurs, l’érection est déclenchée, mon corps presse. Sliding walls, glisse le blond, Jérôme n’était pas là et maintenant il est là une bière à la main, la dernière. On s’appelle, ok on s’appelle, rentre bien, mais les plaques ne rentrent pas non elles se fracassent. Moi j’ai la trique qui me possède et un pair de jambes qui s’en vont au parc. Ca marche comment ici, regarde-moi putain tu vois pas que je suis perdu, je suis le courant, pas de marche arrière ici, même si tu cherche autre chose et moi je brise le code du silence, toi un tuyau tu peux bien me le balancer. C’est un endroit de drague monsieur, vous voyez pas ? Non que je vois plus rien, je suis déjà plus loin et je m’enfonce, le premier venu, l’arabe. Pas beau, du tout, un essai micro au lieu d’une chanson. Merde, je l’aurais toujours stocké dans un recoin de mon cerveau sa gueule de tapir, son odeur de tabac et après-rasage. La plaque s’est brisée.