La prima volta è stata nel 2003, durante l’estate più calda. Con un arabo, uno a caso. Avevo passato la serata con Jérôme alla Next, arrivati tardissimo come al solito, carichi di alcool sorrisi e il mondo nelle nostre gambe. Jérôme perlustra, credo con successo, lui non passa mai inosservato, io che faccio ballo. Ma non come le altre mille volte prima, stasera elettrico, il mio corpo preme, sta per succedere che deve succedere, io ballo ma il moto è diffuso, cos’è quest’ansia, le dimensioni scorrono, moto della terra, le placche non possono che provocare il sisma. Impercettibile moto di un giorno che si accumula all’impercettibile moto del giorno prima, ventisei anni accumulati giorno su giorno, l’immane serbatoio dei giorni che premono. Quel biondo, cristo quando si dice un biondo, il petto che tira i bottoni della camicia, che cazzo ci sarà venuto a fare qui in camicia, balla sempre meno con l’amica e sempre più a distanza di olfatto. La prima faglia. Arriva, inesorabile, lo riconosco come si fa riconoscere il presente anticipato di un fotogramma. Il mio collo accoglie la sua mano, la sua lingua bionda è sulla mia lingua mora, le mie dita sono sui suoi capezzoli, le sue dita sono sui miei. Interruttori, l’erezione si innesca e il corpo, il corpo preme. Sliding walls, scivola il biondo, Jérôme non c’era e adesso c’è con una birra in mano, l’ultima. Ci sentiamo, ok ci sentiamo, buon rientro, ma le placche non rientrano no si sfracellano, io ho un’erezione che mi possiede e un paio di gambe che si dirigono al parco. Ca marche comment ici, guardami per dio non vedi che sono perso, sono trascinato, qui non si va indietro, anche se tu cerchi altro e io incrino il codice del silenzio, tu una parola spendila. C’est un endroit de drague monsieur, vous voyez pas? No che non vedo più nulla, sono già oltre e mi butto, il primo che capita, l’arabo. Non bello, per niente, una prova microfono al posto di una canzone. Merda, mi resterà per sempre in un angolo del cervello, la sua faccia di tapiro, il suo odore di tabacco e dopobarba. La placca si è infranta.

La première fois ça a été en 2003, c’était la canicule. Avec un arabe, le premier au hasard. J’avais passé la soirée avec Jérôme à la Next, nous arrivés supertard comme d’hab, chargés d’alcool sourires et le monde dans nos jambes. Jérôme lui il arpente, avec succès j’imagine, il ne passe jamais inaperçu lui, moi qu’est-ce que je fais, je danse. Mais pas comme les milles autres fois, ce soir électrique, mon corps presse, ça va arriver que ça doit arriver, moi je danse mais le mouvement est diffus, c’est quoi cette inquiétude, les dimensions glissent, mouvement de la terre, les plaques ne peuvent que provoquer le séisme. Imperceptible le mouvement d’un jour qui s’accumule à l’imperceptible mouvement du jour avant, vingt-six ans accumulés jour après jours, le réservoir démesuré des jours qui font pression. Ce blond-là, putain ça c’est un blond, la poitrine lui tire les boutons de la chemise, mais qu’est-ce qu’il est venu foutre ici avec une chemise, il danse toujours moins avec sa copine et toujours plus au bout de mon odorat. La première faille. Inexorable, je le sens comme on peut pressentir le présent à un photogramme près. Mon cou accueillit sa main, sa langue blonde est sur ma langue brune, mes doigts sur ses tétons, ses doigts sur les miens. Des interrupteurs, l’érection est déclenchée, mon corps presse. Sliding walls, glisse le blond, Jérôme n’était pas là et maintenant il est là une bière à la main, la dernière. On s’appelle, ok on s’appelle, rentre bien, mais les plaques ne rentrent pas non elles se fracassent. Moi j’ai la trique qui me possède et un pair de jambes qui s’en vont au parc. Ca marche comment ici, regarde-moi putain tu vois pas que je suis perdu, je suis le courant, pas de marche arrière ici, même si tu cherche autre chose et moi je brise le code du silence, toi un tuyau tu peux bien me le balancer. C’est un endroit de drague monsieur, vous voyez pas ? Non que je vois plus rien, je suis déjà plus loin et je m’enfonce, le premier venu, l’arabe. Pas beau, du tout, un essai micro au lieu d’une chanson. Merde, je l’aurais toujours stocké dans un recoin de mon cerveau sa gueule de tapir, son odeur de tabac et après-rasage. La plaque s’est brisée.